Her Majesty’s Indians

Her Majesty’s Indians

Jobena Petonoquot

Vernissage le 9 janvier 17h

9 janvier au 15 février

Heures d’ouverture :
Mercredi au dimanche : 12 h à 17 h


Tout public

Galerie de Ahkwayaonhkeh
580 Côte d’Abraham Québec, QC
G1K 3P9

Gratuit

Une exposition présentée par Ahkwayaonhkeh dans le cadre du Mois Multi

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Au fil des siècles, plusieurs institutions coloniales ont tenté de dominer les communautés autochtones et leurs territoires. L’Église, la Couronne britannique et le gouvernement ont tour à tour joué ce rôle au Canada. Encore aujourd’hui, c’est la Loi sur les Indiens qui régit un vaste ensemble des aspects de la vie des Premières Nations. Elle dicte notamment qui peut être reconnu comme un « Indien enregistré », les endroits où ils peuvent vivre tout en bénéficiant de l’ensemble des droits qui leur sont réservés, le système qui peut les gouverner, etc. Her Majesty’s Indians aborde frontalement ces enjeux, rappelant avec ironie l’ancien statut des autochtones comme pupilles de la Reine (ou du Roi), et celui actuel de pupilles du gouvernement fédéral. Ici, la religion est représentée par un inquiétant piège, la petite robe de baptême ne va pas sans rappeler les pensionnats, et visiblement, le Roi ne daigne pas se présenter à la cérémonie qui lui a été préparée… Avec ses œuvres, Jobena Petonoquot critique les atrocités perpétrées – encore à ce jour – envers les Autochtones par les forces coloniales, tout en explorant la démonisation de sa culture par ces dernières. Au regard de l’histoire, qui est le Bringer of Death (messager de la mort)? Le corbeau ou les buveurs de thé?

Au-delà des traumas, l’artiste témoigne surtout de la force des communautés autochtones et de la beauté de leurs cultures, celle de sa culture anishinaabe. Entre chaque installation se tisse un lien; celui du perlage, celui d’une relation au territoire et au vivant. Elle nous rappelle ainsi que le monde naturel est un lieu de guérison, comme en témoigne la terre apportée de sa communauté de Kitigan Zibi, le cèdre et les autres plantes médicinales qui habitent l’espace d’exposition. « Mon intention est d’apporter la guérison. […] Si l’histoire est écrite par les vainqueurs, en tant qu’artiste autochtone, j’ai le pouvoir de changer ce récit. »

Over the centuries, several colonial institutions have attempted to dominate Indigenous communities and their lands. The Church, the British Crown, and the government have each played this role in Canada at different times. Even today, the Indian Act governs a wide range of aspects of First Nations life. It dictates who can be recognized as a “registered Indian,” where they can live while enjoying all the rights reserved for them, what system can govern them, and so on. Her Majesty’s Indians directly addresses these issues, ironically recalling the former status of Indigenous peoples as wards of the Queen (or King) and their current status as wards of the federal government. Here, religion is represented by a disturbing trap, the little baptismal gown is reminiscent of residential schools, and clearly, the King does not deign to attend the ceremony that has been prepared for him… Through her work, Jobena Petonoquot criticizes the atrocities perpetrated—even today—against Indigenous peoples by colonial forces, while exploring the demonization of her culture by those same forces. In light of history, who is the Bringer of Death? The raven or the tea people?

 

Beyond trauma, the artist attests above all of the strength of Indigenous communities and the beauty of their cultures, including her own Anishinaabe culture. A connection is woven between each installation: that of beadwork, that of a relationship with the land and with living things. She thus reminds us that the natural world is a place of healing. This is evidenced by the soil brought from her community of Kitigan Zibi, the cedar and other medicinal plants that inhabit the exhibition space. “My intention is to bring healing. […] If history is written by the victors, as an Indigenous artist, I have the power to change that narrative.”

Jobena Petonoquot

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Jobena Petonoquot est d’origine algonquine, originaire de Kitigan Zibi, au Québec. S’inspirant principalement des enseignements de son grand-père maternel, d’origine anishinaabe et irlandaise, Petonoquot met l’accent dans sa pratique sur la résilience et la fierté de son identité autochtone, ainsi que sur la défense des valeurs traditionnelles. Elle crée des œuvres narratives qui jettent un regard critique et sensible sur l’histoire coloniale du Canada, tout en mettant en valeur la beauté de sa culture et son amour du territoire. Sa pratique artistique est également influencée par sa propre expérience autochtone, en ce sens où elle n’a pas l’intention de parler au nom de son peuple. Elle a présenté son travail dans des expositions et des événements au Québec, au Canada et aux États-Unis. En 2018, elle a été la première artiste autochtone à remporter la résidence Impressions au Musée des beaux-arts de Montréal. Son travail fait partie de nombreuses collections privées et publiques.

Jobena is of Algonquin ancestry from Kitigan Zibi, Quebec. Flowing primarily from the teachings of her maternal grandfather of Anishinaabe and Irish descent, Jobena Petonoquot’s practice emphasizes resilience and pride in her Aboriginal identity as well as the defence of traditional values. She creates narrative works that take a critical and sensitive look at Canada’s colonial history, as well as highlighting the beauty of her culture and her love of the land. Her art practice is also influenced by her own Indigenous experience, in the sense that she doesn’t intend to speak for her people. She has presented her work in exhibitions and events in Quebec, Canada, and the United States. In 2018, she was the first Indigenous artist to win the Impressions Residency at the Montreal Museum of Fine Arts. Her work is part of numerous private and public collections.